Les déchets en Martinique

1        Typologie 

« Est un déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit… que son détenteur destine à l’abandon » selon l’article 1 de la loi du 15 juillet 1975.

  v     Les déchets ménagers

  Les déchets ménagers constituent l’ensemble des déchets que nous produisons dans le cadre de notre vie quotidienne familiale : emballages plastiques, boîtes de conserves, restes de repas, vieux vêtements…

Ils sont un mélange malodorant (à cause des fermentations qui s’y déroulent) de matériaux divers. On y trouve :

-         des biodéchets qui sont des déchets biodégradables tels que les restes de repas, les déchets de cuisine et les déchets verts résultant de l’entretien des jardins. Ce sont des éléments « fermentescibles », c’est-à-dire qu’ils peuvent se décomposer à l’air libre sous l’action des micro-organismes présents dans leur matière organique ;

-         des éléments dangereux, comme des débris de verres, de porcelaine, de ferraille, de lames, de matériels médicaux, pouvant blesser ou encore transmettre des maladies ;

-         d’autres éléments tel le plastique sous toutes ses formes et natures (polyéthylène pour les sacs, les sachets ; poly pyrène pour les emballages ; polystyrène pour les bouteilles d’eau ;…)

   v     Les déchets industriels et spéciaux, et inertes

Il existe deux sortes de déchets industriels : les déchets industriels banals et les déchets industriels spéciaux. On y rattache les métaux, les vinasses, les piles, les batteries, …

  Les déchets industriels banals sont les déchets d’entreprises, qui peuvent être assimilés, par leur nature et leur composition, aux déchets ménagers. Ainsi, sont considérés, comme étant des déchets industriels banals, les vieux papiers, les cartons ou les emballages, les plastiques qui sont rejetés en quantité très importantes par les entreprises ; ainsi que, les chutes de bois non traité, les pièces mécaniques d’un moteur, les anciennes moquette d’un appartement rénové ou encor les invendus d’un marché à plein vent.

Ces déchets ne sont pas dangereux en tant que tels. Néanmoins ils peuvent provoquer des nuisances quand ils sont abandonnés sans précaution et n’importe où. La logique des actions menées va donc être la recherche de l’organisation de filières de traitement ou de valorisation communes avec les déchets ménagers, et la convergence vers ces filières de déchets ayant des modes de collecte distincts ; ou, à défaut, l’organisation de filières adaptées à un type de déchets industriels banals n’ayant pas d’équivalent dans les déchets ménagers.

  Les déchets industriels spéciaux contiennent des éléments toxiques et représentent un  réel danger pour la santé et pour l’environnement. Ce sont par exemple les solvants, les vernis, les colles, les goudrons, les bains d’électrolyses. Ces déchets font l’objet d’une rémunération particulière et doivent suivre des filières de collecte et de traitement spécifiques.

Les déchets industriels spéciaux (DIS) ont fait l’objet du Plan Régional d’Elimination des DIS (PREDIS), piloté par la DRIRE, auquel l’ADEME a contribué. Certains (huiles usagées, batteries)

Peuvent faire l’objet de l’organisation d’une filière particulière. La plus grande partie des DIS devront être collectés (en respectant les contraintes réglementaires) et acheminés vers un centre de transfert de déchets industriels spéciaux (à créer), en vue d’une expédition vers des centres d’élimination spécialisés que la taille de l’économie martiniquaise ne permet pas de créer sur place.

 

Les déchets inertes sont quant à eux des déchets qui ne bougent pas. Ils ne se décomposent pas et ne se dégradent pas. Ces déchets sont constitués par les gravats de démolition (briques, blocs de béton, terre, panneaux de vitres…). Ils ne sont pas dangereux, mais, compte tenu de leurs volumes et de leurs quantités, représentent des risques de dégradation des paysages.

  v     Les déchets agricoles

On recense aussi des déchets d’activités agricoles qui proviennent des élevages ou des cultures. Ils constituent tous les sous-produits de l’industrie de la canne telle que la bagasse et les écumes de sucrerie ; les sous-produits des abattoirs comme le sang, les cornes ; les déchets d’analyses comme l’acétate de plomb ; les déjections animales tel que le fumier, les fientes, les litières de volaille ; ainsi que les gaines de banane, les produits phytosanitaires et les fûts.

Les détritus les plus fréquents sont les sachets en plastique, les emballages phytosanitaires, le lisier des porcheries (qui se retrouvent dans la nature) …

  v     Les déchets ultimes

  En Martinique, la définition de déchets ultimes tient compte du manque de filières de valorisation et de traitement ainsi que de l’implantation de nouvelles filières. En effet selon la loi 92-646 du 13 juillet 1992 « est ultime…, un déchet résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux ». Cependant depuis le 1er juillet 2002, les installations d’élimination de déchets par stockage ne sont autorisées à accueillir que des déchets ultimes.

Ainsi les déchets ultimes locaux sont :

-         les déchets des ménages et assimilés (DMA) : ces déchets ne sont pas ultimes mais ils ne disposent pas encore de filières dédiées ;

-         les déchets de l’assainissement collectif et non collectif en attendant la mise en place de filières propres à ce type de déchets ;

-         les déchets de l’amiante-ciment (dont le conditionnement est spécifique et disposant d’un bordereau de suivi) ;

-         les véhicules hors d’usage (VHU) : ils sont préalablement dépollués et démontés de la fraction valorisable ;

-         les déchets d’animaux, en attendant l’établissement de la filière ;

-         les emballages non valorisables ;

-         les matériaux de déconstruction jusqu’à la création de centres de stockage de classe III ;

-         les pneus usés en tant que matériaux ;

-         les pneus usés, qui sont broyés, jusqu’à l’établissement de filière spécifique ;

-         les boues de station d’épuration, non contaminées par des pesticides.

    

 2        Production                       

  Tonnages estimés de déchets produits en 2005

1. Déchets à la charge des collectivités268 000674
déchets ménagers241 600607
 dont ordures ménagères167 500421
   Autres déchets des collectivités27 15068
 2. Autres déchets assimilés115 250289
TOTAL383 200963

  3        Organisation administrative 

La gestion de nos déchets s’organise. Ainsi notre administration s’est organisée autour de quatre Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) :

-         la Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (CACEM) regroupant quatre communes. Cette communauté compte 166 139 habitants et s’occupe de la collecte et du traitement des déchets ;

-         la Communauté des Communes du Nord de la Martinique (CCNM) collectant les déchets de 108 470 habitants répartis sur dix-huit communes ;

-         la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud de la Martinique (CAESM) : cette communauté est capable d’organiser la collecte des déchets de ses 106 818 habitants sur douze communes ;

-         le Syndicat Mixte pour le Traitement des Ordures Ménagères de la Martinique (SMITOM) : ce syndicat s’occupe du traitement des deux communautés collectant (la CCNM et la CAESM) soit de trente communes.

                   

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