Les Centres d'Enfouissement Technique - Traitement sans valorisation

1.      Que sont les CET ? 

  Les Centre d’Enfouissement techniques  sont des lieux de dépôts de déchets contrôlés et réglementés sur des surfaces adaptées. La décharge doit rester étanche pendant 30 à 50 ans pour préserver la nappe phréatique et la vie alentours. Son emplacement sera donc choisi en fonction de la nature imperméable du sous-sol (argile ou limon fin). Si de tels terrains ne sont pas disponibles, le sous-sol sera rendu artificiellement étanche à l'aide de bitumes, de feuilles de plastique, de résines synthétiques liées au sol, de silicates ou autres produits liants.Les déchets triés seront stockés en couches de 2 mètres, comprimés mécaniquement et recouverts d'une couche de gravats ou de boues d'épuration.

Les Centres d’Enfouissement Technique sont en France classées de la manière suivante : 

 

-         CET de classe 1 : décharge de déchets industriels spéciaux, titulaire d’une autorisation préfectorale au titre de la législation sur les Installations Classées. Les DIS font l’objet d’un traitement préalable de stabilisation afin de limiter leur potentiel polluant et le CET est équipé de moyens importants de rétention et de récupération des polluants.

-         CET de classe 2 : décharge de déchets municipaux ou assimilés ultimes (résidus urbains, déchets industriels banals), titulaire d’une autorisation préfectorale au titre de la législation sur les Installations Classées. Les déchets sont stockés dans des casiers régulièrement recouverts. Les jus de lixiviation sont drainés, récupérés et traités avant rejet. Le biogaz produit est capté et valorisé ou brûlé en torchère.

-         CET "de classe 3" : dépôt de déchets inertes (du bâtiment ou des travaux publics) à l’exclusion de tous déchets ménagers ou industriels autres que des déblais et gravats.

Les CET sont aussi appelés décharge ou CSDU.

2.  Les inconvénients des CET

   La mise en centre de stockage des déchets ménagers et assimilés reste le mode d'élimination dominant en partie en raison de sa simplicité mais aussi souvent de son coût moins élevé que celui de l'incinération. En revanche beaucoup d’inconvénients sont à déplorer. La mise en décharge occupe de grandes surfaces et volumes de terrains, et a de nombreuses conséquences sur le milieux environnant. Ce procédé doit donc être utilisé en dernier recours après tri et dans les cas où le traitement, le recyclage ou réemploi et l'incinération ne sont pas possibles, trop énergétiques ou trop coûteuses.

Les ordures comprimées sont dans les premiers temps en condition d'aérobie (oxygénés) et les protéines, les hydrates de carbone et les graisses se transforment en acides aminés, en sucres et en acide gras par hydrolyse grâce à des enzymes spécifiques. Avec la formation d'acides débute la phase anaérobie (sans oxygène). La décomposition en acides gras à chaînes de carbone courtes par des bactéries libère du CO2 et du H2.Ensuite, sous l'action de bactéries méthanogènes (responsables de la fermentation) se forment des mélanges gazeux inflammables, explosifs et nocifs, composés à environ 55% de méthane, 45% de CO2 et en faibles quantités de H2S, CO, N2 et NH4. Ces gaz doivent être évacués par des conduites de dégazement et peuvent, s'ils sont conduits vers une installation d'épuration de gaz de fumée, être utilisés comme combustibles gazeux. Ces gaz ne sont pas traités dans nos décharges saturées et nécessairement sont dangereux pour notre environnement.

La formation de gaz dans les décharges fermées gêne les mesures de remise en culture des terrains (gaz toxiques pour les racines des plantes).

 

Les lixiviats résultent de la perte d’eau des déchets au cours de leur dégradation, et de l’infiltration des eaux de pluie et de ruissellement  à travers eux. Ces eaux contient de nombreuses substances organiques dissoutes, des bactéries, des germes, des minérales toxiques, des métaux lourds, des sels, des pesticides, des hydrocarbures chlorés… qui atteignent un niveau constant après plusieurs années. Ces substances polluent ainsi l’environnement immédiat et se retrouvent principalement en Martinique dans les mangroves, les rivières, la mer. Nous pouvons d’ailleurs citer les cas des décharges de la Trompeuse, Fond Canonville, Céron, pour Vivé tout va directement dans la rivière Capot.  Des lixiviats on aussi été rejettés dans la baie de l’étang Z’Abricot.  

La nappe phréatique est aussi polluée. Notre sol volcanique est en effet perméable et  les fonds de  nos décharges ne sont pas imperméabilisés. Nécessairement, toute cette pollution se retrouve dans nos assiettes puisque d’une manière ou d’une autre, elle intervient dans la chaîne alimentaire.

     decharge de céron a sainte luce                        decharge de fond canonville a st pierre

       CET de Céron à Saint Luce                                CET de Fond Canonville à Saint-Pierre      

  

Les lixiviats peuvent aussi entraîner des incendies.

 

Les CET possèdent donc de nombreux inconvénients auxquels s’ajoutent l’impact visuel, l’impact olfactif. Aussi, il n’y a pas de recyclage possible ni de revalorisation.

 
3.   Les dépôts sauvages

Les dépôts sauvages proviennent le plus souvent d'apports clandestins réalisés par des particuliers (ménages, artisans, ...) pour se débarrasser des déchets qui ne sont pas pris en compte par les services de ramassage traditionnels.

         

repartition des depots sauvages en Marti

 

4.   La fermeture des décharges

Face à un impact si néfaste sur notre environnement, la fermeture des décharges est une alternative impérative.
Depuis le 1er juillet 2002, le stockage est réservé aux déchets ultimes (déchet résultant ou non du traitement d'un déchet, qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux).Quelques décharges sauvages ont été fermées sur l’île depuis, notamment celle de la Pointe Courchet au François, mais il reste encore de grands efforts à faire pour répondre aux attentes de cette loi.                                    

La construction d’un Parc Technologique et Environnemental de type Ecosite sur le site de la Trompeuse pour sa réhabilitation est envisagée. Un parc technologique et environnemental de type Ecosite est un centre d’activité au périmètre géographique clairement délimité, agissant en faveur de l’environnement et intégrant des activités de démonstration, d’innovation, et de transfert de connaissance répondant aux exigences de développement durable.

CET en 2007

  

CET (décharge)

Date de FermetureCapacité d'accueil (tonnes)
Fond Canonville (St Pierre)200720 000
Poteau (Basse Pointe)200830 000
Trompeuse (Fort de France)200880 000
Céron (Sainte Luce)201270 000
 

La fermeture des décharges constitue donc une contrainte locale dans la mesure ou elle diminuera notre capacité de traitement.

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